ويبدوInterview de Moncef Marzouki sur France 24 : Tunis hausse le ton et convoque l’ambassadrice de France
Le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l’ambassadrice de France en Tunisie afin de lui adresser une

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l’ambassadrice de France en Tunisie afin de lui adresser une protestation officielle à la suite d’une interview accordée par l’ancien président Moncef Marzouki à la chaîne publique française France 24. Tunis estime que les déclarations tenues au cours de cet entretien portent atteinte à la souveraineté nationale, aux institutions de l’État et à la sécurité du pays.
Selon un communiqué du ministère, le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger a exprimé une « vive protestation » contre la diffusion de cet entretien avec une personnalité recherchée par la justice tunisienne. Les autorités considèrent que les propos diffusés constituent une incitation à la discorde et aux affrontements internes, tout en visant les institutions de l’État tunisien.
Un passage particulièrement controversé
Cette convocation intervient après un passage particulièrement controversé de Moncef Marzouki sur France 24. Lors de cette interview, l’ancien chef de l’État avait tenu des déclarations qui ont suscité de vives réactions en Tunisie, où elles ont été interprétées par les autorités comme un appel à accentuer la pression sur le régime en place et comme des propos susceptibles d’alimenter les divisions internes. Cet entretien s’inscrit dans un contexte où Moncef Marzouki, condamné par contumace dans plusieurs affaires par la justice tunisienne, demeure l’une des figures les plus critiques envers le président Kaïs Saïed depuis les mesures exceptionnelles du 25 juillet 2021.
Dans son communiqué, le ministère dénonce la répétition de ce type de séquences sur des médias publics français, accusés de servir de tribune à des contenus qualifiés de « provocateurs » et de « diffamatoires » à l’encontre de l’État tunisien. Les autorités estiment que ces prises de parole dépassent le cadre de la liberté d’expression et de la liberté de la presse pour relever, selon elles, d’une incitation à l’ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain.
La diplomatie tunisienne souligne également que les déclarations incriminées constitueraient une atteinte directe aux institutions nationales ainsi qu’à la sécurité nationale. Le communiqué affirme que de tels agissements sont réprimés par la législation tunisienne et contraires aux principes du droit international ainsi qu’aux usages diplomatiques.
L’État français porte une responsabilité morale
Tunis met enfin en avant le statut public de France 24 pour estimer que l’État français porte une responsabilité morale dans la diffusion de cette interview. Selon le ministère, les autorités françaises ne sauraient se retrancher derrière l’indépendance éditoriale de la chaîne ou le principe de liberté de la presse. La Tunisie appelle ainsi Paris à prendre les mesures qu’elle jugera nécessaires afin d’éviter la répétition de ce qu’elle qualifie de comportements inacceptables.
Cette nouvelle protestation officielle illustre la persistance des tensions entre Tunis et Paris autour de la couverture médiatique française de la situation politique tunisienne, un sujet devenu particulièrement sensible depuis plusieurs années.
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Tags: France 24MarzoukiTunisie