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Iran–États-Unis : négociations sous les bombes après le rejet annoncé d’une trêve temporaire

Lire plus tardAu 147e jour de la guerre et 38 jours après la signature du mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, le conflit entre dans une nouvelle phase d’incertitude. Les discussions diplomatiques se poursuivent, selon le président américain Donald Trump, mais elles restent accompagnées

Iran–États-Unis : négociations sous les bombes après le rejet annoncé d’une trêve temporaire

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Au 147e jour de la guerre et 38 jours après la signature du mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, le conflit entre dans une nouvelle phase d’incertitude. Les discussions diplomatiques se poursuivent, selon le président américain Donald Trump, mais elles restent accompagnées de frappes, de menaces d’escalade et de préparatifs militaires des deux côtés.

Plusieurs médias ont rapporté que l’Iran avait rejeté une nouvelle proposition américaine de cessez-le-feu temporaire, transmise par l’intermédiaire de l’Irak. Téhéran considérerait qu’une simple pause dans les combats ne réglerait ni le statut du détroit d’Ormuz ni les désaccords ayant provoqué l’effondrement de l’accord conclu en juin. L’Iran a toutefois contesté certaines présentations médiatiques de cette médiation, ce qui entretient le flou sur le contenu exact des échanges.

Trump maintient simultanément la négociation et la menace militaire

Donald Trump a présenté la situation comme un choix entre deux options : poursuivre les frappes afin de détruire davantage les capacités militaires iraniennes ou parvenir à un accord avec Téhéran.

Le président américain affirme que des discussions sont actuellement en cours et que les responsables iraniens souhaitent fortement conclure un accord. Il estime cependant que l’Iran n’est pas encore prêt à accepter les conditions nécessaires, tout en assurant qu’il reste disposé à écouter ses interlocuteurs.

Trump a également précisé qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise concernant une nouvelle campagne de frappes de grande ampleur. Selon lui, les négociations pourraient permettre d’éviter d’atteindre ce stade.

Cette ouverture diplomatique ne signifie pas que Washington renonce à l’escalade. Le New York Times a rapporté que le président américain avait réuni ses principaux conseillers et plusieurs membres de son administration pour étudier un éventuel élargissement de l’offensive.

Une large gamme d’options militaires et une liste de cibles potentielles en Iran lui auraient été présentées. Trump avait déjà déclaré être proche d’une décision sur une attaque qu’il décrivait comme potentiellement beaucoup plus importante que les opérations précédentes.

Le président américain a parallèlement affirmé que les frappes menées depuis le début de la guerre avaient entièrement détruit l’aviation militaire iranienne, évoquant notamment 250 avions de combat. Cette estimation, comme plusieurs bilans militaires avancés par les deux camps depuis le début du conflit, n’a pas pu être vérifiée indépendamment.

L’Iran écarte une pause sans règlement durable

La position iranienne consiste à refuser une trêve temporaire qui permettrait seulement de suspendre les opérations avant une probable reprise des hostilités.

Une proposition de cessez-le-feu de dix jours avait été transmise aux deux parties afin de rouvrir une fenêtre diplomatique et de tenter de réactiver le mémorandum d’entente conclu en juin. Les dirigeants iraniens réclament cependant un accord durable portant notamment sur l’arrêt des frappes, les sanctions et l’organisation de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, attribue l’insécurité dans le détroit aux violations américaines des engagements précédemment conclus. Lors de ses échanges avec son homologue chinois, Wang Yi, il a dénoncé les frappes contre les infrastructures iraniennes et les conséquences de ce que Téhéran présente comme une violation du mémorandum.

La Chine a appelé à une reprise rapide des négociations et soutient les efforts de médiation entrepris par le Pakistan et d’autres acteurs régionaux.

Araghchi a également réaffirmé, dans ses discussions avec des responsables russes, la volonté de l’Iran d’empêcher les États-Unis d’utiliser le détroit d’Ormuz contre les intérêts iraniens. Pour Téhéran, la gestion de cette voie maritime stratégique ne peut être dissociée d’un accord politique global.

Une délégation omanaise à Téhéran pour le détroit d’Ormuz

Une délégation omanaise est arrivée à Téhéran afin de poursuivre les consultations sur les mécanismes de gestion de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.

L’Iran et Oman contrôlent les deux rives du passage, par lequel transitait, avant la guerre, une part majeure des exportations mondiales de pétrole et de gaz. Les discussions portent sur l’établissement de règles permettant le passage des navires et sur la coordination entre les deux pays riverains.

Mascate joue un rôle central dans les tentatives de médiation. Le sultanat avait déjà travaillé avec l’Organisation maritime internationale pour proposer un corridor temporaire aux navires souhaitant traverser le détroit.

La télévision iranienne a parallèlement affirmé que l’armée américaine avait attaqué un navire venant de la mer d’Oman, en pensant qu’il transportait du gaz iranien. Cette version n’a pas été confirmée de manière indépendante.

59 morts et 666 blessés selon le ministère iranien de la Santé

Le ministère iranien de la Santé a annoncé que les attaques américaines menées depuis le 27 juin avaient fait 59 morts et 666 blessés.

Parmi les personnes tuées figureraient six femmes et trois mineurs. Ces données proviennent des autorités iraniennes et ne peuvent pas être entièrement vérifiées de manière indépendante dans les zones touchées.

Les frappes américaines, initialement concentrées sur les capacités navales et militaires iraniennes autour du détroit d’Ormuz, se sont progressivement étendues aux infrastructures de transport, aux communications, aux sites logistiques et à des installations situées plus profondément à l’intérieur du pays.

Israël pourrait-il revenir directement dans la guerre ?

Le risque d’un retour d’Israël dans les opérations constitue un autre facteur d’escalade.

Le bureau du Premier ministre israélien a annoncé que Benjamin Netanyahu quitterait Israël lundi pour se rendre à Washington, à l’invitation de Donald Trump. Une rencontre entre les deux dirigeants est prévue mardi.

La visite intervient alors qu’Israël est resté officiellement en dehors de la dernière phase des frappes américaines. Washington avait demandé à son allié de ne pas intervenir directement pendant les tentatives de négociation avec Téhéran.

Une source sécuritaire iranienne citée par Al Jazeera Net a cependant affirmé que l’Iran avait préparé une nouvelle liste de cibles à l’intérieur d’Israël, qui seraient frappées dès le début d’une éventuelle participation israélienne à la guerre.

Selon cette source anonyme, les objectifs auraient été choisis afin de provoquer des dommages impossibles à réparer ou à reconstruire pendant plusieurs années. Elle n’a révélé ni leur nature ni leur emplacement, et n’a pas précisé s’il s’agissait de sites militaires, économiques ou d’infrastructures vitales. Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées indépendamment.

Le site souterrain de Pickaxe Mountain sous surveillance

Un autre dossier pourrait accélérer l’escalade : celui de Pickaxe Mountain, également appelé « montagne de la Pioche », près du complexe nucléaire de Natanz.

Selon une évaluation attribuée aux services israéliens, l’Iran aurait déplacé des milliers de centrifugeuses dans des tunnels profondément enfouis sous la montagne. Israël aurait transmis cette analyse à Washington, sans rendre publiques les preuves qui la soutiennent.

Donald Trump a déjà évoqué la possibilité de frapper ce site. Une telle opération viserait l’une des installations iraniennes les plus profondément protégées et pourrait provoquer une réaction iranienne contre Israël, même si celui-ci ne participait pas directement à l’attaque.

L’annonce du déplacement de Netanyahu à Washington renforce ainsi les spéculations sur une coordination américano-israélienne, même si aucune décision officielle concernant une nouvelle intervention israélienne n’a été annoncée.

Washington sélectionne les missiles qu’il intercepte

La durée du conflit exerce également une pression croissante sur les stocks américains de missiles de défense aérienne.

NBC News a rapporté, en citant deux hauts responsables américains, que les commandants militaires sélectionnaient désormais les missiles et drones iraniens à intercepter. Certains projectiles seraient volontairement laissés passer lorsque leur trajectoire indique qu’ils ne toucheront ni des soldats ni des zones habitées.

Dans certains cas, l’armée américaine aurait même laissé des missiles ou des drones frapper des bases préalablement évacuées. Les responsables cités affirment qu’aucun projectile volontairement non intercepté n’aurait blessé de militaire américain ou de civil.

Cette stratégie vise à éviter de gaspiller des intercepteurs coûteux contre des engins dont l’impact est considéré comme limité. Les militaires spécialisés dans la défense aérienne sont entraînés à évaluer la trajectoire des projectiles avant de décider s’il est nécessaire de les détruire.

Selon les chiffres attribués aux responsables américains, l’Iran aurait lancé entre 8 500 et 8 800 missiles et drones offensifs depuis le début de la guerre. Washington estime qu’une partie importante de ces projectiles manque sa cible et reste moins précise que les armes américaines les plus avancées.

Ce volume montre néanmoins que la guerre devient aussi une bataille industrielle : l’Iran doit conserver sa capacité de production et de lancement, tandis que les États-Unis cherchent à préserver leurs stocks d’intercepteurs.

Une divergence sur le nombre de navires neutralisés

Le blocus maritime imposé aux ports iraniens continue également de produire des incidents.

ABC News a cité un responsable américain affirmant que les forces des États-Unis avaient neutralisé vendredi un cinquième navire tentant de franchir le blocus remis en place le 14 juillet.

L’Associated Press, citant le Commandement central américain, a toutefois présenté le navire M/T Lavine comme le deuxième bâtiment commercial neutralisé depuis le rétablissement du blocus. Cette différence de décompte n’était pas immédiatement expliquée et pourrait dépendre des opérations incluses dans les bilans respectifs.

Selon le CENTCOM, le M/T Lavine aurait tenté à plusieurs reprises de franchir le dispositif américain dans le golfe d’Oman malgré les avertissements. Les forces américaines ont tiré sur sa salle des machines pour l’immobiliser.

Une diplomatie menée sous la pression des frappes

La situation demeure profondément contradictoire.

Trump affirme que les négociations sont actives, mais prépare simultanément des options de frappes plus importantes. Téhéran rejette une pause temporaire, tout en accueillant une délégation omanaise chargée de discuter du détroit d’Ormuz. L’Iran menace Israël en cas d’intervention, tandis que Netanyahu se prépare à rencontrer le président américain.

La diplomatie n’est donc pas interrompue. Elle se déroule sous la pression des bombes, du blocus maritime et de la diminution progressive des stocks militaires.

La question centrale n’est plus seulement de savoir si Washington et Téhéran se parlent. Elle est de déterminer s’ils négocient pour mettre fin à la guerre, ou simplement pour améliorer leur position avant la prochaine phase de l’affrontement.

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