Fête de la République: Consolider les institutions pour relever les défis de demain
La Tunisie célèbre, ce samedi, le 69e anniversaire de la proclamation de la République, une étape décisive dans l'histoire de l'État national, qui a mis

A la une
Actualités
Fête de la République: Consolider les institutions pour relever les défis de demain
La Presse
25 juillet 2026
6 min de lecture
La Tunisie célèbre, ce samedi, le 69e anniversaire de la proclamation de la République, une étape décisive dans l’histoire de l’État national, qui a mis fin au régime monarchique et posé les fondements du régime républicain.
Cette date rappelle l’un des tournants les plus marquants de l’histoire du pays et invite à penser les enjeux présents et de l’avenir.
En effet, la proclamation de la République n’a pas été un simple changement de forme de gouvernement, mais le point de départ d’une série de réformes majeures qui ont englobé les institutions de l’État, l’administration, la justice et l’éducation, parallèlement à la promulgation du Code du statut personnel et au renforcement du rôle central de l’État.
L’Assemblée nationale constituante : la fin de la monarchie et la naissance de la République
La proclamation de la République a eu lieu le 25 juillet 1957, soit seize mois après l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956, lorsque l’Assemblée nationale constitutive vote à l’unanimité l’abolition de la monarchie. Elle proclame la République tunisienne et élit Habib Bourguiba comme premier président.
Ce fut ainsi la fin de l’État husseinite sous le règne du dernier bey, Lamine Bey, qui gouvernait le pays depuis 1705.
Dans ce contexte, l’écrivain, chercheur et historien spécialiste de l’histoire contemporaine de la Tunisie, Mohamed Dhouib, a souligné à l’Agence Tunis Afrique Presse, que la signature de cette décision par le président de l’Assemblée nationale constituante, Jalouli Fares, avait marqué une rupture définitive avec l’ère des beys, dont le pouvoir était purement symbolique sous la protection française et qui avait perdu une grande partie de son pouvoir après 75 ans de colonisation française.
Cette décision, a-t-il fait observer, avait conforté la « domination » du Parti destourien libre dans la vie politique et les institutions de l’État.
Ainsi, la proclamation de la République s’est faite dans un contexte de déséquilibre des forces en faveur du parti qui avait mené le combat pour la libération nationale et a vu l’émergence de Habib Bourguiba en tant que leader et commandant, selon ses termes.
Trois constitutions en 69 ans, témoins de l’évolution de l’État moderne
Soixante-neuf ans après la proclamation de la République, cet événement reste l’un des jalons fondateurs les plus marquants de l’État tunisien moderne. La Tunisie a, en effet, connu, tout au long de ces sept décennies, des transformations politiques et constitutionnelles successives qui ont reflété l’évolution de l’État et de la société, depuis la Constitution de 1959 jusqu’à celle de 2014, puis celle de 2022, dans un contexte de changements internes, régionaux et internationaux.
À la suite de la révolution du 14 janvier 2011, des débats ont émergé sur la nature du système politique et les limites de la répartition des pouvoirs. Des interrogations ont été également soulevées dans certains milieux quant à l’identité de l’État et à l’avenir du régime républicain.
Dans ce contexte, Fayçal Chérif, professeur et chercheur universitaire spécialisé dans l’histoire contemporaine, a estimé, dans une déclaration à l’agence Tap, que la proclamation de la République en 1957 avait constitué un événement décisif dans l’histoire contemporaine de la Tunisie, puisqu’il était le fruit des efforts de Habib Bourguiba et de l’élite tunisienne formée à l’École Sadiki et en occident.
Il a ajouté que les appels lancés après la révolution en faveur d’une renaissance de l’idée de monarchie constitutionnelle, à l’instar de certains modèles européens, ne se sont pas transformées en un choix politique ou sociétale, dans la mesure où le retour à la monarchie reste hors de propos dans le contexte tunisien.
En dépit des difficultés ayant marqué le parcours démocratique, la République est restée le socle de l’État tunisien et le modèle politique auquel les Tunisiens demeurent profondément attachés. Ils la perçoivent comme le fondement de l’État moderne et n’envisagent ni alternative, ni retour à la monarchie, a-t-il souligné.
Ces réflexions n’ont pas conduit à une remise en cause du choix républicain sur lequel l’État a été fondé depuis 1957 et l’adoption de la Constitution de 2022 est venue trancher ce débat de manière plus claire, puisque la Constitution a consacré le régime républicain comme fondement de l’État tunisien.
Le débat n’est plus désormais sur la nature du régime, mais sur les moyens de développer les institutions de la République et de renforcer leur efficacité, de manière à répondre aux aspirations des citoyens et à faire face aux défis économiques et sociaux.
Le nouveau plan de développement : vers une consolidation accrue des valeurs de la République
Le 69e anniversaire de la proclamation de la République revêt une importance particulière, alors que la Tunisie poursuit la mise en place de ses institutions constitutionnelles et lance des projets de réforme visant à instaurer un développement plus équitable, renforcer la souveraineté nationale et améliorer le rendement économique et administratif.
Cette commémoration coïncide également avec le démarrage de l’exécution du plan de développement (2026-2030), qui constitue le premier plan de développement élaboré dans le cadre de la Constitution de 2022, selon une approche ascendante partant du niveau local et régional pour aboutir au niveau national, ce qui en fait le cadre de référence des politiques publiques et des choix économiques et sociaux de l’État pour les cinq prochaines années.
Il vise à améliorer les indicateurs de développement humain et régional, renforcer la souveraineté alimentaire, hydrique et énergétique, soutenir le développement économique et l’emploi, impulser les investissements et moderniser l’administration et la gouvernance.
Bien que la Déclaration de la République ait tranché dès 1957 la question de la forme de l’État et du régime politique, le défi consiste aujourd’hui à renforcer l’efficacité de ses institutions, réaliser un développement global et durable, instaurer la justice sociale et renforcer la confiance entre le citoyen et l’État, dans un contexte marqué par les mutations internationales et les défis actuels.