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Volkswagen : le bénéfice plonge de 33 % face à la concurrence chinoise

Lire plus tardLe groupe automobile allemand Volkswagen a enregistré une forte baisse de son bénéfice au deuxième trimestre 2026, pénalisé par l’effondrement de ses ventes en Chine, la montée en puissance des constructeurs chinois en Europe et des coûts de restructuration toujours élevés. Entre avril

Volkswagen : le bénéfice plonge de 33 % face à la concurrence chinoise

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Le groupe automobile allemand Volkswagen a enregistré une forte baisse de son bénéfice au deuxième trimestre 2026, pénalisé par l’effondrement de ses ventes en Chine, la montée en puissance des constructeurs chinois en Europe et des coûts de restructuration toujours élevés.

Entre avril et juin 2026, le bénéfice net après impôts du premier constructeur automobile européen s’est établi à 1,54 milliard d’euros, contre 2,29 milliards d’euros au cours de la même période de 2025. La baisse atteint donc 32,9 % sur un an.

Le recul de 9,5 % annoncé parallèlement par Volkswagen concerne non pas le bénéfice net, mais le résultat opérationnel. Celui-ci est passé de 3,83 milliards à 3,47 milliards d’euros au deuxième trimestre.

Malgré la contraction des profits, le chiffre d’affaires trimestriel a progressé de 2 %, pour atteindre 82,44 milliards d’euros, contre 80,81 milliards un an auparavant. La rentabilité opérationnelle est toutefois tombée de 4,7 % à 4,2 %.

Les livraisons mondiales reculent de près de 9 %

Volkswagen a livré 2,077 millions de véhicules dans le monde entre avril et juin 2026, soit une diminution de 8,6 % par rapport aux 2,272 millions d’unités écoulées au deuxième trimestre 2025.

Les ventes comptabilisées dans les résultats financiers ont, de leur côté, baissé de 9,7 %, à 2,043 millions de véhicules. La production a reculé encore plus fortement, de 13,4 %, pour s’établir à 2,014 millions d’unités.

La situation est particulièrement difficile en Chine, longtemps considérée comme l’un des principaux moteurs de croissance et de rentabilité du groupe allemand.

Au deuxième trimestre, Volkswagen y a livré 424 300 véhicules, contre 669 700 un an plus tôt. Cela représente une chute de 36,6 % en seulement douze mois.

Sur l’ensemble du premier semestre, les livraisons du groupe en Chine ont diminué de 25,9 %, à 973 000 véhicules, contre 1,314 million durant les six premiers mois de 2025.

Les ventes de véhicules comptabilisées par les coentreprises chinoises ont, pour leur part, reculé d’environ 31,6 % au premier semestre. Cette différence s’explique par le fait que Volkswagen distingue les livraisons aux clients des ventes enregistrées dans ses comptes.

Volkswagen pris en étau sur le marché chinois

Le groupe allemand explique une grande partie de cette baisse par le recul général du marché automobile chinois, estimé à environ 20 % au premier semestre.

Mais Volkswagen subit également la concurrence de constructeurs locaux comme BYD, Geely, SAIC ou Chery. Ces groupes proposent rapidement de nouveaux véhicules électriques et hybrides, souvent moins chers et davantage adaptés aux attentes technologiques des automobilistes chinois.

Volkswagen tente de répondre à cette pression grâce à sa stratégie « In China, for China », qui consiste à développer localement des modèles, des logiciels et des plateformes destinés spécifiquement au marché chinois.

Le groupe affirme avoir enregistré de premiers signaux positifs grâce à ses nouveaux véhicules électriques développés sur place. Ils n’ont toutefois pas encore permis de compenser la baisse générale des volumes.

La Chine ne représente plus seulement un marché difficile pour les constructeurs européens. Ses groupes automobiles deviennent aussi des concurrents directs en Europe, où ils augmentent rapidement leurs exportations.

Le directeur général de Volkswagen, Oliver Blume, a reconnu que la pression concurrentielle sur le marché européen était plus forte que prévu. Les constructeurs chinois ont notamment réalisé une percée importante dans le segment des véhicules hybrides, qui ne bénéficie pas toujours des mêmes protections commerciales que les voitures entièrement électriques.

Blume a appelé l’Union européenne à établir des conditions de concurrence plus équilibrées. Il souhaite notamment que Bruxelles examine la possibilité d’augmenter les droits de douane sur certains véhicules hybrides importés de Chine, alors que les mesures européennes actuellement appliquées visent principalement les voitures électriques.

Des performances plus solides en Europe

Les résultats sont plus favorables sur certains marchés situés hors de Chine.

Au cours du premier semestre, les livraisons de Volkswagen ont augmenté de 3,5 % en Europe, pour atteindre 2,041 millions de véhicules. La hausse s’est établie à 2,9 % en Europe occidentale et à 7,2 % en Europe centrale et orientale.

En Allemagne, les livraisons ont progressé de 2,7 %. L’Amérique du Sud a enregistré une hausse de 8,3 %, soutenue notamment par une croissance de 17,1 % au Brésil.

En Amérique du Nord, les livraisons ont reculé de 3,1 % sur l’ensemble du semestre, à 447 500 unités. La tendance s’est néanmoins améliorée au deuxième trimestre, avec une progression de 7,7 %.

Aux États-Unis, les livraisons du premier semestre ont baissé de 7,4 %, dans un environnement marqué par les droits de douane et les changements de réglementation.

Les commandes de véhicules entièrement électriques progressent par ailleurs en Europe. Le carnet de commandes électriques du groupe a augmenté de plus de 50 % depuis la fin de 2025, et les modèles électriques représentent désormais plus de 30 % des commandes européennes de Volkswagen.

Un premier semestre marqué par la baisse des bénéfices

Sur l’ensemble des six premiers mois de 2026, Volkswagen a réalisé un chiffre d’affaires de 158,1 milliards d’euros, presque stable par rapport aux 158,4 milliards enregistrés un an auparavant.

Le résultat opérationnel a toutefois diminué de 11,6 %, passant de 6,71 milliards à 5,93 milliards d’euros. Le bénéfice net semestriel a chuté de 30,7 %, à 3,10 milliards d’euros, contre 4,48 milliards au premier semestre 2025.

Volkswagen attribue notamment la baisse du résultat opérationnel à une charge d’environ 500 millions d’euros liée à l’arrêt de la production du modèle électrique ID.4 aux États-Unis, ainsi qu’à une évolution défavorable de la gamme de véhicules vendus.

La réduction des coûts fixes, la diminution des dépenses de restructuration et certains effets de change ont partiellement compensé ces difficultés.

Le groupe a vendu 3,997 millions de véhicules au premier semestre, soit une baisse de 8,4 %. Ses livraisons aux clients ont diminué de 6,3 %, à 4,126 millions d’unités. Les effectifs mondiaux sont passés de 662 900 salariés fin 2025 à 652 200 personnes au 30 juin 2026, soit une réduction de 1,6 %.

Les prévisions de chiffre d’affaires revues à la baisse

Face à la détérioration du marché chinois et à l’intensification de la concurrence, Volkswagen a abaissé ses prévisions pour l’ensemble de l’année 2026.

Le groupe tablait précédemment sur un chiffre d’affaires stable ou en hausse de jusqu’à 3 % par rapport à 2025. Il prévoit désormais une évolution comprise entre une baisse de 3 % et une stabilité.

Volkswagen maintient toutefois son objectif de marge opérationnelle annuelle entre 4 % et 5,5 %. Le groupe prévoit également un flux net de trésorerie compris entre 3 et 6 milliards d’euros pour sa division automobile et une liquidité nette située entre 32 et 34 milliards d’euros.

Cette révision signifie que le chiffre d’affaires annuel pourrait tomber sous les 321,9 milliards d’euros réalisés en 2025.

Jusqu’à 100 000 emplois pourraient être concernés

Pour restaurer sa compétitivité, Volkswagen a déjà engagé un vaste programme de réduction des coûts.

Le groupe prévoit la suppression d’environ 50 000 emplois d’ici 2030 en Allemagne chez Volkswagen, Audi, Porsche et sa filiale de logiciels Cariad. Sur ce total, 35 000 postes concernent Volkswagen AG. Des accords portant sur plus de 28 000 départs avaient déjà été signés à la mi-2026.

Volkswagen vise parallèlement plus de 6 milliards d’euros d’économies nettes annuelles à l’horizon 2030. Le groupe affirme que les coûts de production de ses usines allemandes ont déjà été réduits de plus de 20 % en moyenne en 2025.

Oliver Blume a toutefois averti que ces mesures pourraient ne pas suffire. La direction étudie désormais la suppression de jusqu’à 50 000 emplois supplémentaires dans le monde, ce qui porterait à environ 100 000 le nombre total de postes potentiellement concernés par les programmes actuels et futurs.

Cette nouvelle vague n’est pas encore définitivement approuvée. Elle fait partie d’un plan plus large comprenant une réduction du nombre de modèles, une réorganisation des capacités industrielles et une possible reconversion de plusieurs sites sous-utilisés.

Une restructuration politiquement sensible

Les nouvelles mesures rencontrent une forte opposition de la part des syndicats et des représentants du personnel.

Le conseil de surveillance de Volkswagen compte 20 membres, dont dix représentants des salariés. Le Land de Basse-Saxe détient 20 % des droits de vote de Volkswagen et dispose du droit de nommer deux représentants au conseil de surveillance.

Lorsqu’ils adoptent une position commune, les représentants des salariés et ceux de la Basse-Saxe disposent donc d’une majorité au sein du conseil.

Cette structure oblige la direction à négocier toute restructuration majeure, notamment lorsqu’elle concerne des suppressions massives d’emplois ou l’avenir des usines allemandes.

Les représentants du personnel demandent que Volkswagen ne se limite pas à réduire ses dépenses, mais investisse également dans des véhicules, des batteries et des technologies capables de rivaliser avec les constructeurs chinois. Les discussions sur la nouvelle phase du plan devraient se poursuivre au cours de l’année.

Une crise qui dépasse Volkswagen

Les difficultés du groupe de Wolfsburg illustrent une transformation plus large de l’industrie automobile européenne.

Pendant plusieurs décennies, les constructeurs allemands ont profité de leur domination technologique et de la croissance du marché chinois. Ils doivent désormais affronter des concurrents chinois capables de développer plus rapidement des véhicules électriques et hybrides, tout en progressant sur leur propre marché européen.

Volkswagen conserve des positions solides en Europe, une importante trésorerie et un carnet de commandes électriques en hausse. Mais le recul chinois et la baisse de près d’un tiers de son bénéfice net trimestriel montrent que le groupe doit désormais se restructurer tout en finançant sa transition technologique.

La principale difficulté consiste à réduire rapidement les coûts sans affaiblir les capacités industrielles et humaines dont Volkswagen aura besoin pour rester compétitif face à la Chine.

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