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Entre liberté de la presse et ingérence : La Tunisie défend sa souveraineté et trace des lignes rouges

Sur instructions directes du Président Kaïs Saïed, la diplomatie tunisienne a vivement protesté auprès de l'ambassadrice de France, après la diffusion,

Entre liberté de la presse et ingérence : La Tunisie défend sa souveraineté et trace des lignes rouges

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Entre liberté de la presse et ingérence : La Tunisie défend sa souveraineté et trace des lignes rouges

Samir DRIDI

26 juillet 2026

6 min de lecture

Sur instructions directes du Président Kaïs Saïed, la diplomatie tunisienne a vivement protesté auprès de l’ambassadrice de France, après la diffusion, par une chaîne publique internationale, d’une interview accordée à un individu recherché par la justice et appelant à l’insurrection.

Dénonçant une ingérence inacceptable sous couvert de liberté éditoriale, la Tunisie réaffirme avec force qu’elle ne tolérera aucune atteinte à la sécurité de ses institutions ni à l’inviolabilité de sa décision nationale.

La Presse — C’est dans un contexte marqué par la résurgence de campagnes de désinformation ciblées, visant à ébranler l’opinion publique et la stabilité des institutions, que s’est inscrite la diffusion récente, par une chaîne de télévision publique française d’information internationale, d’un entretien accordé à un citoyen tunisien recherché par la justice de son pays, faisant l’objet de mandats d’arrêt internationaux et condamné par contumace pour atteinte à la sûreté de l’État.

L’analyse de cet épisode dépasse le simple cadre d’un choix éditorial. En offrant une tribune internationale à un individu poursuivi pour des faits gravissimes, le fait qu’il s’agisse d’un média du service public bénéficiant d’un ancrage institutionnel soulève d’importantes questions d’éthique, de respect du droit international et d’impartialité.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la chaîne publique en question consacre de tels programmes ciblant frontalement la Tunisie. Mais cette fois-ci, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, l’interviewé ayant lancé un appel explicite à l’insurrection. Une telle dérive met fin à toute tolérance face au double langage qui caractérise parfois les relations entre les deux pays. Il y a manifestement anguille sous roche, et le moment est venu de clarifier les positions.

Si les critiques de toutes sortes peuvent s’inscrire dans le débat, l’appel à la sédition, lui, franchit une ligne rouge inacceptable. Tout partenariat repose sur un principe sacro-saint : la confiance mutuelle. Si ce pilier est ébranlé, c’est tout l’édifice qui risque de s’écrouler.

Ferme réaction diplomatique axée sur la souveraineté de l’État

La réplique officielle de la Tunisie ne s’est pas fait attendre. Sur instructions directes du Président de la République, Kaïs Saïed, qui n’a de cesse de rappeler l’inviolabilité de l’indépendance nationale, le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères a officiellement convoqué l’ambassadrice de France à Tunis pour lui signifier une vive protestation.

Pour la diplomatie tunisienne, le constat est clair. Cet entretien franchit la ligne rouge. Loin de s’inscrire dans le cadre du droit à l’information, les propos diffusés sont perçus comme une atteinte directe à la souveraineté de l’État, une tentative de fragiliser sa sécurité nationale et un appel à la discorde intestine. Tunis déplore ainsi la répétition de telles démarches sur des antennes publiques, estimant qu’elles dépassent largement les principes déontologiques du journalisme pour s’apparenter à une ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain.

Au cœur de cette démarche diplomatique réside un principe fondamental. Il s’agit de la défense de l’indépendance de la décision nationale et le respect des décisions de justice. La Tunisie rappelle que l’argument de la liberté d’expression ou de l’indépendance éditoriale ne saurait affranchir un média public de toute responsabilité morale et juridique, particulièrement lorsque des contenus incitant à la haine ou à la déstabilisation sont diffusés.

Une ingérence inadmissible

En soulignant que ces agissements contreviennent tant au droit interne qu’aux usages diplomatiques internationaux, Tunis remet la balle dans le camp des autorités françaises. Il leur appartient désormais, selon le communiqué officiel, d’adopter de leur propre initiative les mesures adaptées pour mettre fin à ces pratiques, afin d’éviter que le champ médiatique ne devienne le terrain d’une altération durable des relations bilatérales.

Cet entretien comporte des atteintes à la souveraineté de l’État tunisien, vise sa sécurité nationale ainsi que ses institutions, et constitue un appel explicite à la sédition et aux affrontements internes. Le secrétaire d’État a exprimé la ferme condamnation et la profonde indignation de la Tunisie face à la répétition délibérée de telles pratiques sur des médias publics français, utilisés pour diffuser des contenus incitant à la haine et des allégations mensongères à l’encontre de l’État tunisien.

De tels agissements dépassent manifestement les limites garanties par la liberté d’expression, la liberté de la presse et les règles déontologiques de la profession journalistique. Ils s’inscrivent dans une démarche d’ingérence inacceptable, à quelque titre que ce soit, dans les affaires intérieures d’un État souverain, attaché à l’indépendance de sa décision nationale, ainsi que d’incitation directe contre ses institutions et ses symboles, et de tentative de porter atteinte à sa sécurité nationale.

Ces actes sont réprimés tant par la législation tunisienne que par le droit international et les usages diplomatiques. Le secrétaire d’État a également souligné que le caractère public et officiel du média concerné engage la responsabilité morale de l’État français, laquelle responsabilité ne saurait être écartée au motif d’indépendance de la ligne éditoriale ou de la liberté de la presse. Il incombe dès lors aux autorités françaises de prendre, de leur propre initiative et conformément à leur législation nationale, les mesures nécessaires pour mettre un terme à de tels agissements inacceptables.

Comme le disait le Général de Gaulle, la démocratie se confond avec la souveraineté nationale. Un principe qui résonne particulièrement ici : aucune liberté, même éditoriale, ne peut s’exercer aux dépens de la souveraineté d’un État.

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