12 000 dinars pour trois heures d’autonomie : les limites des batteries domestiques en Tunisie
La généralisation des batteries domestiques pour faire face aux coupures d’électricité ne constitue pas une solution adaptée à grande échelle, estime

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Société
12 000 dinars pour trois heures d’autonomie : les limites des batteries domestiques en Tunisie
La Presse
25 juillet 2026
4 min de lecture
La généralisation des batteries domestiques pour faire face aux coupures d’électricité ne constitue pas une solution adaptée à grande échelle, estime l’Association nationale des petites et moyennes entreprises (ANPME), qui met en garde contre les limites économiques et techniques de ces systèmes de stockage.
Dans une analyse consacrée aux solutions proposées pour réduire l’impact des interruptions électriques, l’association considère que présenter les batteries domestiques comme un “remède miracle” occulte plusieurs contraintes liées à leur coût, leur rentabilité et leur intégration dans le fonctionnement global du réseau électrique.
Selon l’ANPME, un système de stockage d’une capacité de 10 kilowattheures (kWh), capable d’alimenter pendant environ trois heures un climatiseur, un réfrigérateur, un téléviseur ainsi que quelques équipements d’éclairage, nécessite un investissement d’environ 12 000 dinars, installation comprise.
Un coût qui, d’après l’association, limite fortement l’accès à ces équipements pour une grande partie des ménages tunisiens.
Une rentabilité limitée pour un usage uniquement en cas de coupure
L’association souligne également que l’utilisation de ces batteries uniquement comme solution de secours lors des coupures d’électricité réduit considérablement leur intérêt économique.
Lorsque les interruptions restent limitées à quelques heures par an, le coût de l’énergie stockée peut devenir particulièrement élevé en comparaison avec le prix de l’électricité fournie par le réseau traditionnel.
Pour l’ANPME, la question ne doit donc pas être abordée uniquement sous l’angle de la protection individuelle contre les coupures, mais plutôt dans une logique globale de gestion énergétique.
L’association reconnaît toutefois que le stockage électrique représente une technologie stratégique pour l’avenir, à condition de l’intégrer dans un système intelligent permettant de gérer les périodes de charge et de décharge des batteries en fonction des besoins du réseau.
Dans cette perspective, elle estime que les batteries ne devraient pas être utilisées uniquement comme des équipements de secours en cas de panne, mais comme des outils capables de contribuer à l’équilibre du réseau électrique.
Les compteurs intelligents comme priorité nationale
Dans ce cadre, l’ANPME appelle à faire du déploiement des compteurs intelligents une priorité nationale. Ces équipements constituent, selon elle, une infrastructure essentielle pour améliorer la gestion de la consommation énergétique et faciliter l’intégration de nouvelles solutions de production et de stockage.
L’association estime que ces technologies permettraient notamment d’encourager l’injection d’électricité dans le réseau durant les périodes de forte demande et d’améliorer l’efficacité globale du système électrique.
À court terme, l’utilisation des systèmes de stockage pourrait être davantage adaptée aux entreprises industrielles raccordées au réseau moyenne tension, selon l’ANPME.
Ces installations pourraient contribuer à soutenir le réseau électrique, à réduire les risques de perturbations et à renforcer la continuité de l’alimentation dans les secteurs les plus sensibles.
Investir dans la robustesse du réseau plutôt que multiplier les solutions individuelles
En conclusion, l’Association nationale des petites et moyennes entreprises estime que la priorité doit être donnée aux investissements permettant d’améliorer la résilience du réseau électrique avant la survenue des coupures, plutôt qu’à des solutions individuelles destinées uniquement à limiter leurs conséquences.
Elle précise néanmoins que les batteries domestiques restent une option légitime pour les particuliers disposant des moyens financiers nécessaires pour les acquérir, mais qu’elles ne devraient pas constituer une priorité des politiques publiques de soutien si leur contribution à l’amélioration du réseau national demeure limitée.