Le 25 juillet, entre héritage et refondation
Le 25 juillet demeure l’une des dates fondatrices de la Tunisie contemporaine. En 1957, la proclamation de la République met fin à la monarchie husseinite

Editorial
Le 25 juillet, entre héritage et refondation
Samir DRIDI
25 juillet 2026
3 min de lecture
Le 25 juillet demeure l’une des dates fondatrices de la Tunisie contemporaine. En 1957, la proclamation de la République met fin à la monarchie husseinite et ouvre une nouvelle étape dans la construction de l’État, couronnant des années de lutte pour l’indépendance et la souveraineté nationale.
Après l’indépendance du 20 mars 1956, le pouvoir passe progressivement aux mains du Néo-Destour. Le 25 juillet 1957, l’Assemblée nationale constituante abolit la monarchie, proclame la République et élit Habib Bourguiba à sa tête, consacrant ainsi la souveraineté populaire.
Soixante-quatre ans après la proclamation de la République, le 25 juillet s’inscrit de nouveau comme une date de rupture dans l’histoire contemporaine de la Tunisie. Ce jour-là, en 2021, le pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire. Institutions paralysées, affrontements politiques incessants, économie en perte de vitesse et pandémie de Covid-19 hors de contrôle, dont le lourd tribut humain bouleverse les Tunisiens.
C’est dans ce climat de profonde défiance et d’urgence nationale que le Président Kaïs Saïed décide d’activer les mesures exceptionnelles prévues par l’article 80 de la Constitution. Il met fin aux fonctions du chef du gouvernement, suspend les activités de l’Assemblée des représentants du peuple et ouvre un nouveau cycle de réformes institutionnelles, présenté comme une refondation de l’État destinée à mettre un terme à des années de blocages politiques et à réaffirmer la primauté de l’intérêt national.
Pour une large partie des Tunisiens, lassés par des années de paralysie politique, de luttes partisanes et de gouvernements successifs incapables de répondre aux attentes du pays, ces décisions ont marqué le début d’une nouvelle étape visant à restaurer l’autorité de l’État et à remettre l’intérêt national au cœur de l’action publique.
Depuis lors, le 25 juillet ne renvoie plus seulement à la naissance de la République en 1957, mais il symbolise également, pour nombre de Tunisiens, un nouveau tournant dans l’histoire de la République, porté par la volonté de rompre avec une décennie de crises et de repositionner l’État comme garant de la souveraineté nationale et de l’intérêt général.
Pour autant, le chemin reste long. Les difficultés persistantes liées à l’eau, à l’électricité et à certains services publics rappellent que l’autorité de l’État doit désormais se traduire par des résultats concrets dans le quotidien des citoyens, car la crédibilité des institutions se mesure autant à leurs décisions qu’à leur capacité à garantir des services efficaces, à communiquer avec transparence et à consolider durablement la confiance.